Association Loi 1901 Les Moucheurs Nîmois

Techniques de pêche

Le coup du soir

Que n’a-t-on pas dit sur ce moment un peu particulier qui suscite tous les fantasmes ou au contraire la défiance de nombreux pêcheurs à la mouche.

Explications : nos amis les truites et ombres sont avares de leur énergie, ils ne se mettent en quête de nourriture que si leurs proies (larves, nymphes, émergentes, imagos, insectes noyés, terrestres) sont présentes en quantité sur la rivière. Pour cela ils se placeront dans les courants ou au bord de leur cache pour cueillir leur pitance dérivant au fil de l’eau.
Ces moments privilégiés le pêcheur pourra les remarquer par la présence d’éclosions, quelquefois massives, de différents insectes qui, du stade de nymphe vont passer au stade subimago puis adulte et s’envoler.
Ces périodes seront donc souvent accompagnées de gobages, permettant de localiser des poissons actifs et de pêcher à vue.
En dehors de ces périodes d’éclosions importantes les poissons pourront se nourrir de manière opportuniste en attrapant les rares proies qui vont passer à leur portée. Dans ces conditions il faudra soit être très patient et attendre de repérer un gobage épisodique ou, si la clarté de l’eau le permet, un poisson se nourrissant sous l’eau, soit pêcher l’eau en peignant les postes pouvant être occupés par une belle zébrée ou un beau thymallus.
Voilà pourquoi il existe des moments optimums dans une journée, variant en fonction des saisons, du temps, des niveaux d’eau, de la luminosité, au cours desquels on multipliera nos chances de succès.

On peut découper de manière simpliste une saison de pêche en plusieurs périodes :

1. Début de saison : mars-avril c’est aux heures les plus chaudes de la journée (12h-16h) qu’on aura plus de chance d’avoir des éclosions, donc une possibilité de réussite en sèche. Avant ou après la pêche en noyée ou en nymphe sera plus productrice

2. Mai-début juin : période d’éclosions abondantes, la pêche est productive toute la journée, la température n’est pas encore assez élevée pour provoquer des coups du soir

3. Mi-juin – mi-juillet : beaucoup d’éclosions, en fonction du niveau d’eau, de la température, l’activité va commencer à se décaler en fin d’après-mdi. Les coups du soir apparaissent. Forte activité toute la journée lors des périodes pluvieuses et orageuses.

4. Mi-juillet – début septembre : étiage, chaleur, seront autant d’éléments favorables pour notre fameux rendez-vous de fin d’après-midi.

5. Septembre : les orages de fin d’été, une montée des eaux, un rafraichissement des températures seront autant d’éléments favorables à une activité s’étalant sur la journée. Mais les coups du soir peuvent persister.

Vous l’avez compris le coup du soir est un rendez-vous estival pouvant se produire de juin à septembre.

Pourtant les mystères de la nature font que rien n’est acquis en la matière et que d’un soir à l’autre, vous pouvez passer d’un moment magique à une soirée mornes eaux.

C’est ce côté aléatoire et la durée relativement courte de l’action de pêche qui rebutent nombre de pêcheurs pour qui faire 1 h de route pour pêcher 30mn dans une semi-obscurité n’est guère engageant.

Et pourtant …
Certes il est préférable d’habiter non loin des cours d’eau pour pouvoir choisir les fin d’après-midi optimales, mais souvent en été c’est le seul moment où les poissons vont sortir et s’activer en abondance. D’une rivière semblant désertique, on passe en quelques minutes à une frénésie inimaginable.
Sur certains secteurs on est surpris par la richesse halieutique alors que nombre de pêcheurs s’évertuant à pêcher la journée en pleine chaleur vous affirment «qu’il n’y a plus rien» !!!

Il faut tordre le cou à certains préjugés :

1. Le coup du soir ce sont les dernières minutes avant l’obscurité : la durée d’un coup de soir est très variable, en début d’été notamment vous pouvez avoir 2 bonnes heures de pêche miraculeuse.

2. Les coups du soir ne se pêchent qu’avec des sedges (imitations de trichoptères) : hé bien non! Tous les types d’imitations peuvent être utilisés, c’est le moment d’être observateur et de trouver quel insecte intéresse nos poissons. Toutes sortes de trichoptères bien sûr mais aussi d'éphémères, de moucherons, des fourmis également peuvent être privilégiés.

3. Le coup du soir, c’est faire le héron face à un lisse ou un courant et attendre : certains le conçoivent comme ça, pourtant, surtout si l’activité démarre tôt dans la soirée, vous pouvez lentement remonter une rivière à l’affut des gobages et avoir une pêche très active.

Quelques petites chose à savoir :

1. Pour mettre toutes les chances de votre côté choisissez les soirées chaudes, sans vent et éviter la pleine lune. La luminosité créée par le satellite de notre bonne vieille Terre perturbe les éclosions de fin de journée, celles-ci se dérouleront plus tard durant la nuit.

2. Privilégier les rivières assez larges sans couvert végétal, les truites étant lumifuges, elles sont restées une bonne partie de la journée à l’abri, attendant la tombée de la nuit pour se nourrir.

3. Si vous ne voyez pas d’éclosions mais des petits gobages discrets et abondants, regardez ce qui dérive sur l’eau et vous aurez peut-être la solution : des fourmis ailées prises dans la pellicule.

4. Prévoyez un matériel adéquat : des bas de lignes déjà montées, des mouches prêtes dans une boite avec des passe-fil et surtout une bonne lampe frontale.

5. Lorsque l’obscurité s’installe, il vous reste 10-15mn qui peuvent faire la différence. Utilisez de gros sedges avec un pompon blanc (type parachutte) bien visible. C’est le moment où une grosse mémère peut sortir de sa cachette et se jeter sur cet appât que vous pourrez ainsi visualiser.

En conclusion si vous aimez la pêche en sèche à vue ne négligez pas ce rendez-vous.
C’est l’occasion unique de voir en plein été des gobages multiples avec des poissons installés et se nourrissant abondamment.
Quel plaisir de voir dans un même courant 4-5 poissons se nourrissant à la queue-leu-leu. Vous pourrez les attaquer l’un après l’autre en prenant soin de changer d’imitation en cas de refus jusqu’à trouver le bon modèle. Et là…
Lorsque les conditions s’y prêtent vous pourrez faire monter de très nombreux poissons et si vous êtes un peu expérimenté, faire des scores que seul ce moment privilégié est capable d’offrir.

Bruno Lesur.

Toutes les photos appartiennent aux membres des Moucheurs Nîmois, si vous souhaitez les utiliser, merci de nous mettre en crédits.

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